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Déficit foncier ou Denormandie : quel dispositif choisir en 2026 ?

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Un échange permet de comparer les dispositifs applicables à votre situation.

Plans de rénovation et échantillons de matériaux dans un appartement ancien.

Vous envisagez d’acheter un logement ancien avec des travaux et vous hésitez entre déficit foncier et Denormandie ? Le choix dépend d’abord de la nature des dépenses, des revenus fonciers de votre foyer et de l’impôt que vous pourrez effectivement réduire.

Le déficit foncier agit sur les revenus imposables. Le Denormandie procure une réduction d’impôt étalée, avec des conditions de localisation, de rénovation et de location. Pour comparer ces deux possibilités, il faut examiner le même budget sur plusieurs années.

Déficit foncier ou Denormandie : les principales différences

Critère Déficit foncier Denormandie
Avantage Déduction des charges admises au régime réel. Réduction d’impôt calculée sur une base éligible.
Localisation Pas de zonage propre au déficit foncier. Communes ou copropriétés répondant aux conditions légales.
Travaux Réparation, entretien et certaines améliorations. Travaux admissibles représentant au moins 25 % du coût total.
Location Location nue ; maintien requis après une imputation sur le revenu global. Location nue principale avec engagement initial de six ou neuf ans.
Loyer et locataire Règles locatives ordinaires. Plafonds de loyer et de ressources supplémentaires.
Niches fiscales Hors plafonnement global. Plafond de 10 000 € en métropole.

Les contraintes locales sur les loyers et les règles de décence restent applicables. L’absence de plafond fiscal propre au déficit foncier ne permet pas de fixer librement n’importe quel loyer.

Vérifier les travaux avant de comparer les économies

Les dépenses déductibles en déficit foncier

En location nue au régime réel, les dépenses de réparation, d’entretien et certaines améliorations du logement peuvent être déduites. Les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement sont exclus de cette déduction.

La qualification repose sur les travaux réellement exécutés. Une rénovation intérieure qui modifie profondément le gros œuvre peut relever d’une reconstruction. Il faut donc examiner les devis, les plans avant et après travaux, ainsi que les interventions communes à l’immeuble.

Notre guide du déficit foncier détaille les charges admises et le traitement des intérêts d’emprunt.

Les conditions supplémentaires du Denormandie

Le Denormandie reste ouvert aux acquisitions éligibles jusqu’au 31 décembre 2027. Les travaux doivent notamment représenter au moins 25 % du coût total de l’opération et satisfaire les critères techniques prévus. Leur achèvement doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant l’acquisition.

Pour un budget admissible de 200 000 €, comprenant 150 000 € d’acquisition et de frais retenus, les travaux doivent ainsi atteindre 50 000 €. Le pourcentage se calcule sur le total, travaux compris.

L’éligibilité Denormandie ne prouve pas que toutes ces dépenses seraient déductibles en déficit foncier. Consultez les conditions de la loi Denormandie avant de construire les deux simulations.

Comment vos revenus modifient-ils la comparaison ?

Le déficit foncier est calculé en regroupant les revenus fonciers du foyer. Des travaux sur un nouveau logement peuvent donc absorber le résultat positif d’autres locations nues.

Lorsque les charges excèdent l’ensemble des recettes foncières, le déficit provenant des dépenses autres que les intérêts d’emprunt est imputable sur le revenu global dans la limite ordinaire de 10 700 € par an. Le surplus et la fraction liée aux intérêts sont reportables sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

L’effet d’une déduction dépend du barème de l’impôt. Une dépense qui réduit des revenus taxés à 41 % ne produit pas le même effet que lorsqu’elle réduit des revenus taxés à 11 %. Si la déduction traverse plusieurs tranches, appliquer un taux unique surestime ou déforme le résultat.

Le Denormandie dépend surtout de l’impôt disponible pour absorber la réduction annuelle et de la place restante sous le plafonnement des niches fiscales. Une annuité inutilisée faute d’impôt n’est ni remboursée ni reportée.

Comparer les deux mécanismes avec vos revenus

Votre déclaration foncière, vos avantages fiscaux actuels et les devis permettent de mesurer l’effet réel de chaque solution.

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Exemple : une opération de 200 000 € avec 50 000 € de travaux

Prenons un appartement de 60 m² en métropole. L’acquisition et les frais admissibles représentent 150 000 €, auxquels s’ajoutent 50 000 € de travaux. On suppose que le projet satisfait aux conditions du Denormandie et que tous les travaux seraient également déductibles dans une simulation distincte au régime foncier ordinaire.

Pour l’année étudiée, les travaux sont intégralement payés. Le nouveau logement procure 8 000 € de loyers et supporte 2 000 € d’autres charges déductibles. Le foyer dispose aussi de 12 000 € de revenus fonciers nets provenant d’autres biens. Il n’y a ni intérêts d’emprunt, ni déficit antérieur, ni majoration énergétique dans cet exemple.

Calcul de l’année Déficit foncier Denormandie sur neuf ans
Revenus fonciers nets avant les travaux 18 000 € 18 000 €
Travaux déduits des revenus fonciers 50 000 € 0 € : travaux retenus dans la base de réduction.
Résultat foncier après travaux Déficit de 32 000 € Revenu de 18 000 €
Déficit imputable sur le revenu global 10 700 € 0 €
Déficit reportable sur les revenus fonciers 21 300 € 0 €
Réduction directe d’impôt Aucune : l’avantage vient de la déduction. 4 000 € par an, sous conditions.

Dans l’hypothèse où toute la baisse de revenu imposable intervient dans la tranche à 30 %, le déficit foncier produit un effet de 8 610 € sur l’impôt sur le revenu : 18 000 € de revenus fonciers effacés et 10 700 € imputés sur le revenu global, soit 28 700 € × 30 %.

Le Denormandie procure ici une réduction théorique de 36 000 € sur neuf ans, soit 200 000 € × 18 %, répartis en neuf annuités de 4 000 €. Les revenus fonciers restent imposables après déduction des autres charges admises.

Les 8 610 € de la première année et les 36 000 € répartis sur neuf ans ne peuvent pas être comparés directement. Il faut ajouter l’utilisation future du déficit reportable, les prélèvements sociaux, l’évolution des loyers et les éventuelles variations de revenus. Les 21 300 € reportables sont un montant de revenu à déduire, pas une économie d’impôt déjà acquise.

Et si vous ne percevez pas encore de revenus fonciers ?

Dans le même exemple, en retirant les 12 000 € de revenus des autres biens, le résultat avant travaux serait de 6 000 €. Le déficit atteindrait alors 44 000 €, dont 10 700 € imputables sur le revenu global et 33 300 € reportables sur les revenus fonciers.

L’utilisation de ce report dépendrait des futurs résultats locatifs. Une vacance prolongée, des intérêts élevés ou de nouveaux travaux pourraient retarder son absorption. Un premier investissement peut donc bénéficier du déficit foncier, mais son intérêt doit être mesuré avec des loyers futurs plausibles.

Quels engagements peuvent orienter votre choix ?

Après une imputation de déficit sur le revenu global, le logement concerné doit rester affecté à la location jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivante, sauf exception. Une imputation en 2026 implique ainsi, en principe, une poursuite jusqu’au 31 décembre 2029.

En Denormandie, l’engagement initial dure six ou neuf ans et peut être prolongé jusqu’à douze ans. En métropole, les taux sont respectivement de 12 %, 18 % et 21 %, dans les limites de base prévues. Les plafonds de loyer et de ressources doivent être intégrés à la sélection des locataires.

Une rénovation énergétique admissible peut relever le plafond d’imputation du déficit foncier jusqu’à 21 400 €. Les conditions portent notamment sur les devis, les paiements de 2023 à 2027 et le passage documenté d’une classe E, F ou G à A, B, C ou D au plus tard fin 2027. Ce rehaussement ne concerne pas tous les travaux.

Peut-on utiliser les deux avantages ?

Des opérations distinctes peuvent relever de régimes différents. En revanche, les travaux intégrés à la base de réduction Denormandie ne peuvent pas être déduits une seconde fois des revenus fonciers.

Certaines autres dépenses d’un logement Denormandie, comme des intérêts d’emprunt ou des charges de gestion, peuvent rester déductibles selon les règles ordinaires. Une ventilation précise évite de compter deux fois le même poste.

Quels éléments transmettre pour décider ?

  • Votre avis d’impôt et votre déclaration de revenus fonciers.
  • Le prix du logement, les frais et les devis détaillés.
  • Les diagnostics et les justificatifs d’éligibilité de la commune ou de la copropriété.
  • Les dates de paiement, d’achèvement et de mise en location.
  • Le financement, les loyers estimés et la durée de détention envisagée.

Le guide des dispositifs de K&P Finance permet de replacer ces deux mécanismes dans une comparaison plus large. Le prix, la demande locative et la qualité des travaux doivent rester cohérents avec le budget du foyer.

Évaluer l’avantage utilisable sur plusieurs années

Comparez le déficit foncier et le Denormandie avec vos revenus, le calendrier des travaux et l’effort d’épargne prévu.

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Sources utiles